Gestion active : but, avantages et stratégies à connaître !

39 % : c’est la proportion de fonds actifs qui battent leur indice sur dix ans en Europe. Autrement dit, la majorité échoue, mais la minorité qui réussit nourrit l’espoir et le débat. Entre conviction, innovation et pragmatisme, la gestion active continue d’attirer autant qu’elle divise.

Gestion active et gestion passive : quelles différences fondamentales ?

La gestion active ne se contente pas de suivre la foule. Sa promesse ? Dépasser le marché grâce à une sélection exigeante de titres et un ajustement permanent à la réalité des marchés financiers. Ici, chaque décision s’appuie sur une analyse approfondie, des bilans décortiqués, des tendances sectorielles auscultées. Le gestionnaire décide d’acheter ou de vendre une action selon sa propre lecture de la conjoncture et des signaux du terrain. L’objectif reste clair : créer de l’alpha, cette surperformance qui fait toute la différence avec l’indice de référence (qu’il s’agisse du S&P 500, du CAC 40 ou du MSCI World).

À l’opposé, la gestion passive fait le choix d’une rigueur méthodique. L’idée ? Répliquer la performance d’un indice, sans jamais essayer de le devancer. Sur ce terrain, les ETF (exchange traded funds) sont devenus incontournables : ils reproduisent mécaniquement la composition d’un indice boursier, donnant accès à une diversification immédiate, une transparence appréciée et des frais souvent très réduits. Aucun pari, aucune promesse de battre le marché, mais la garantie de suivre fidèlement la trajectoire de l’indice choisi.

Voici un aperçu des principales différences entre ces deux approches :

  • Gestion active : vise l’alpha par l’adaptation, multiplie les décisions discrétionnaires, affiche des coûts généralement élevés.
  • Gestion passive : privilégie la réplication, affiche des frais réduits, mise sur la transparence, mais reste dépendante du comportement du marché et de l’indice sous-jacent.

L’essor des ETF, la popularité croissante des stratégies Smart Beta et l’émergence des active ETF brouillent parfois la frontière entre ces deux mondes. Mais au fond, la question de confiance demeure : miser sur la capacité à surclasser durablement les indices, ou préférer la solidité d’une gestion alignée sur le marché ?

Avantages et limites de chaque approche pour l’investisseur

Ce qui attire dans la gestion active, c’est la possibilité d’ajuster la voilure au gré des tempêtes sur les marchés financiers. Un gestionnaire habile, capable de décrypter le contexte macroéconomique et de faire preuve de discernement dans le choix des titres (stock picking), peut offrir un alpha supérieur à son benchmark. Cette flexibilité devient précieuse lorsque la volatilité s’installe, que l’irrationnel domine ou que certains segments de marché échappent aux radars des indices. Pour l’investisseur, cela peut signifier des rendements plus en phase avec ses objectifs financiers ou son profil de risque.

Mais il y a un revers : les frais de gestion plus élevés, qui réduisent mécaniquement les rendements nets. Et la surperformance, loin d’être assurée, se fait rare sur la durée. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : sur plusieurs années, la majorité des gestionnaires actifs ne parviennent pas à battre leur indice de référence. La transparence est parfois moindre, rendant la lecture du portefeuille plus opaque.

En face, la gestion passive avec les ETF mise sur la diversification à bas coût. Répliquer la performance d’un indice permet, via un seul produit, de s’exposer à une multitude de titres. Les ETF séduisent par leur simplicité, leur liquidité et la réduction du risque lié à l’intervention humaine. Pas d’espoir d’alpha, mais l’assurance de coller au parcours de l’indice de référence.

Ce tableau synthétise les grands contrastes :

Gestion active Gestion passive (ETF)
Potentiel d’alpha Frais réduits
Adaptabilité, stock picking Diversification immédiate
Frais élevés, incertitude sur la performance Performance calquée sur l’indice

Dans quels cas la gestion active prend-elle tout son sens ?

Quand les indices boursiers deviennent imprévisibles ou que le marché se fragmente, la gestion active peut reprendre l’avantage. Dès que la volatilité grimpe, que les cycles économiques se dérèglent, ou que les valorisations s’égarent loin des fondamentaux, l’œil affûté du gestionnaire actif a une carte à jouer. Là où l’ETF copie l’indice, l’humain cherche l’opportunité cachée.

Plusieurs situations se prêtent particulièrement bien à cette approche :

  • Les segments de marché peu couverts ou moins liquides, comme les small caps ou le private equity, souvent absents des grands indices mondiaux.
  • Les périodes de crise, d’ajustements brusques ou d’événements exceptionnels, où la rapidité d’analyse et de réaction devient un atout.
  • Les secteurs en transformation profonde, par exemple la transition énergétique, où la sélection active des titres l’emporte sur la simple reproduction d’indice.

Cette approche se distingue aussi lorsqu’il s’agit de viser des objectifs spécifiques : gérer le risque de taux sur les obligations, anticiper des opérations de fusion-acquisition, ou adapter la fiscalité à une situation patrimoniale particulière. Sur ces terrains mouvants, la gestion passive s’essouffle : la main humaine affine, ajuste, sélectionne. La différence se joue dans la capacité à repérer, avant les autres, ce que les modèles standards laissent filer.

Jeunes professionnels discutant autour de graphiques financiers

Choisir la stratégie la plus adaptée à votre profil et à vos objectifs

Bâtir une stratégie d’investissement n’a rien d’automatique. Chaque investisseur avance avec ses propres repères, ses contraintes, sa tolérance au risque et son projet de patrimoine. Il vaut la peine de s’interroger : privilégiez-vous une progression régulière, la sécurité de votre capital ou une prise de risque plus marquée ? La gestion active s’adresse à ceux qui souhaitent dépasser leur benchmark et s’impliquer dans le choix des titres. La gestion passive, portée par des ETF comme ceux de BlackRock ou iShares, attire les investisseurs qui veulent de la simplicité et une diversification mondiale sans prise de tête.

Le facteur temps compte aussi : combien souhaitez-vous consacrer à la gestion de votre placement ? La stratégie « buy and hold » contraste avec le stock picking tactique. Certains délèguent à un conseiller en gestion de patrimoine, d’autres préfèrent l’autonomie et les plateformes en ligne. La taille du patrimoine influe sur l’approche : diversification accessible pour les portefeuilles modestes, instruments sophistiqués (private equity, immobilier locatif) pour les plus conséquents.

Pour affiner votre choix, posez-vous les bonnes questions :

  • Quels sont vos objectifs financiers à court, moyen et long terme ?
  • Quel est votre profil de risque : recherchez-vous la stabilité ou une performance accrue ?
  • Comment répartir entre gestion active et gestion passive pour coller à vos besoins ?

Les possibilités ne manquent pas : certains s’inspirent de l’exemple de Warren Buffett et de Berkshire Hathaway, d’autres se tournent vers des solutions comme Sapians ou Placements mondiaux Sun Life. Aujourd’hui, il existe même des ETF gestion active, véritables hybrides, pour ceux qui veulent explorer de nouvelles voies. La gestion de portefeuille, loin d’être figée, devient un terrain d’expérimentation où chaque investisseur peut trouver sa propre façon d’avancer, entre audace et prudence. Qui saura capter le prochain mouvement du marché ?

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